Inclure son découvert bancaire dans un rachat de crédit : bonne idée ?
Le découvert bancaire est l’un des modes de financement les plus coûteux qui existe. Avec des taux d’agios oscillant entre 15 % et 20 % par an — et même au-delà pour les découverts non autorisés — il grignote silencieusement votre budget chaque mois. Et pourtant, des millions de Français vivent en découvert de manière chronique, parfois sans même s’en rendre compte.
Selon la Banque de France, environ 30 % des ménages français utilisent leur découvert au moins une fois par mois, et 10 % sont en découvert permanent. Le montant moyen du découvert chronique se situe entre 500 et 3 000 euros. Ce sont autant de personnes qui paient des intérêts exorbitants sur ces sommes.
La bonne nouvelle ? Il est tout à fait possible d’inclure son découvert bancaire dans un rachat de crédit. C’est même l’une des recommandations les plus fréquentes que nos conseillers spécialisés font à nos clients. Voici pourquoi, comment, et dans quels cas cette opération peut être vraiment avantageuse.
Le coût réel d’un découvert bancaire : les chiffres qui font mal
Beaucoup de personnes sous-estiment le coût de leur découvert parce que les agios sont prélevés de manière discrète, souvent tous les trimestres. Regardons les chiffres de près.
Les taux pratiqués en 2026 :
- Découvert autorisé : entre 7 % et 16 % selon les banques (taux nominal annuel).
- Découvert non autorisé (dépassement) : entre 16 % et 20 %, voire plus avec les frais de commission d’intervention.
- Frais de commission d’intervention : 8 euros par opération, plafonnés à 80 euros par mois.
- Frais de lettre d’information pour compte débiteur : 20 à 30 euros par courrier.
Exemple indicatif — un découvert de 2 000 euros en permanent :
Si vous êtes en découvert de 2 000 euros en permanence avec un taux d’agios de 16 %, voici ce que vous pourriez payer chaque année :
- Intérêts débiteurs : 2 000 x 16 % = 320 euros par an.
- Commissions d’intervention (si dépassement ponctuel, 2 fois par mois) : environ 192 euros par an.
- Frais de lettres (1 par trimestre) : 100 euros par an.
- Coût total annuel estimé : environ 612 euros pour un découvert de 2 000 euros.
Exemple indicatif et non contractuel
Sur 5 ans, cela peut représenter plus de 3 000 euros de frais, sans jamais réduire le découvert d’un centime.
Comparons avec un rachat de crédit :
Ce même montant de 2 000 euros intégré dans un rachat de crédit à un taux nettement inférieur coûterait sensiblement moins d’intérêts au total. L’économie potentielle est significative. Le calcul parle de lui-même.
Comment intégrer son découvert dans un rachat de crédit
Techniquement, le découvert bancaire est considéré comme un crédit à la consommation par les organismes de rachat. Il est donc parfaitement éligible à un regroupement de crédits, au même titre qu’un prêt personnel ou un crédit renouvelable.
Les étapes :
1. Évaluation du découvert : L’organisme de rachat prend en compte le montant moyen de votre découvert sur les 3 à 6 derniers mois, et non pas le montant du jour J. Si votre découvert oscille entre 800 et 2 500 euros, c’est la moyenne qui sera retenue.
2. Intégration dans l’enveloppe globale : Le montant du découvert est ajouté à la somme des autres crédits à racheter. Il est remboursé directement sur votre compte courant lors du déblocage des fonds, ce qui remet votre compte à zéro.
3. Nouveaux termes : Le découvert, désormais intégré dans le rachat, est remboursé au taux du rachat de crédit au lieu des 15 à 20 % d’agios. La mensualité correspondante est lissée dans votre échéance globale.
Ce qu’il faut fournir :
- Les 3 derniers relevés de compte montrant le découvert.
- L’autorisation de découvert de votre banque (pour connaître le plafond autorisé et le taux).
- Une attestation du solde débiteur à une date récente.
En savoir plus sur le rachat de crédit
Cas concret : du découvert chronique à la sérénité
Situation avant rachat (exemple indicatif) :
- Revenus : 2 100 euros nets (salariée en CDI).
- Crédit immobilier : 520 euros/mois.
- Crédit auto : 210 euros/mois.
- Crédit renouvelable : 85 euros/mois.
- Découvert permanent : 1 800 euros en moyenne.
- Agios et frais : environ 45 euros/mois.
- Total mensualités + agios : 860 euros.
- Taux d’endettement : 41 %.
Le cercle vicieux : Chaque mois, le salaire arrive, rembourse partiellement le découvert, puis les prélèvements de crédits passent et replongent le compte en découvert. Le compte n’est jamais en positif. Les agios s’accumulent et grignotent le pouvoir d’achat.
Solution envisagée — rachat de crédit avec intégration du découvert (sous réserve d’acceptation) :
| Élément | Avant rachat | Après rachat |
|---|---|---|
| Mensualités totales | 860 € | 510 € |
| Taux d’endettement | 41 % | 24,3 % |
| Économie mensuelle | — | 350 € |
| Découvert | 1 800 € | 0 € |
| Trésorerie de sécurité | 0 € | 2 000 € |
Exemple indicatif et non contractuel
Le résultat concret :
- Le compte courant est remis à zéro le jour du déblocage.
- Une trésorerie de sécurité est disponible en réserve.
- La mensualité unique est largement inférieure aux mensualités précédentes.
- Plus un centime d’agios à payer.
- Le budget retrouve visibilité et confort de vie.
Les conditions pour que l’opération soit avantageuse
Intégrer son découvert dans un rachat de crédit est presque toujours financièrement pertinent, mais certaines conditions renforcent l’intérêt de l’opération.
L’opération est très avantageuse si :
- Votre découvert est chronique (présent au moins 6 mois sur 12).
- Le montant du découvert est supérieur à 500 euros en moyenne.
- Vous avez d’autres crédits à racheter en parallèle (l’intégration du découvert n’ajoute que marginalement au coût global).
- Vous payez des commissions d’intervention régulières.
L’opération est moins pertinente si :
- Votre découvert est ponctuel et rare (1 à 2 fois par an, quelques jours).
- Le montant est très faible (moins de 200 euros).
- Vous n’avez aucun autre crédit à racheter (les frais de dossier d’un rachat pour le seul découvert seraient disproportionnés).
Le calcul à faire : Additionnez le total de vos agios et frais de découvert sur les 12 derniers mois. Si ce montant dépasse 200 euros par an, l’intégration dans un rachat peut être rentable.
Les pièges à éviter quand on inclut son découvert
L’intégration du découvert dans un rachat de crédit peut être une excellente décision financière, à condition d’éviter quelques écueils.
1. Retomber en découvert après le rachat
C’est le piège majeur. Votre compte est remis à zéro, vous avez une mensualité réduite, vous vous sentez à l’aise… et petit à petit, le découvert se réinstalle. Si cela arrive, vous vous retrouvez avec le rachat de crédit à payer ET le découvert à assumer : votre situation est pire qu’avant.
Comment l’éviter :
- Réduisez ou supprimez votre autorisation de découvert après le rachat.
- Mettez en place un virement automatique vers un compte d’épargne dès le jour du salaire (même 50 euros).
- Utilisez l’économie de mensualité pour constituer une réserve de précaution.
2. Sous-estimer le montant réel du découvert
Si vous déclarez un découvert de 1 000 euros alors qu’il est régulièrement de 2 000 euros, le montant racheté sera insuffisant et vous resterez partiellement en découvert.
Comment l’éviter : Soyez transparent sur vos relevés bancaires. Le courtier et l’organisme prêteur verront de toute façon la réalité de votre situation sur vos relevés. Mieux vaut intégrer un montant légèrement supérieur à la moyenne que de sous-estimer.
3. Oublier de négocier la suppression des frais bancaires
Une fois votre découvert soldé par le rachat, contactez votre banque pour demander le remboursement des derniers agios non encore prélevés et la révision de vos conditions de compte (suppression des frais de tenue de compte débiteur, révision du découvert autorisé).
L’économie réelle : comparatif chiffré sur 5 ans
Pour bien mesurer l’intérêt, voici un comparatif indicatif entre trois scénarios pour un découvert de 2 500 euros :
Scénario 1 : Vous gardez votre découvert tel quel
- Taux d’agios : 16 %.
- Coût annuel estimé : 400 euros d’intérêts + environ 200 euros de frais divers.
- Coût sur 5 ans : 3 000 euros minimum.
- Le découvert n’est jamais remboursé.
Scénario 2 : Vous souscrivez un prêt personnel pour solder le découvert
- Montant : 2 500 euros sur 3 ans.
- Coût total estimé : environ 360 euros (intérêts + frais de dossier).
- Le découvert est soldé en 3 ans.
Scénario 3 : Vous intégrez le découvert dans un rachat de crédit existant
- Le découvert de 2 500 euros est ajouté au rachat global.
- Le surcoût marginal en intérêts : environ 300 euros sur la durée du rachat.
- Pas de frais supplémentaires (les frais de dossier sont déjà couverts par le rachat).
- Le découvert est soldé immédiatement.
Le scénario 3 est généralement le plus avantageux si vous réalisez déjà un rachat de crédit pour d’autres raisons. Le surcoût est minime et l’avantage immédiat (plus de découvert, plus d’agios) est considérable.
Exemple indicatif et non contractuel
Questions fréquentes
Toutes les banques acceptent-elles d’intégrer le découvert dans un rachat ?
La grande majorité des organismes de rachat de crédit acceptent d’intégrer le découvert bancaire. C’est même une pratique courante. Certains l’intègrent automatiquement dans le montant à racheter quand ils constatent un découvert chronique sur vos relevés de compte. Nos conseillers le recommandent systématiquement quand le découvert est récurrent.
Le découvert est-il considéré comme un crédit pour le calcul du taux d’endettement ?
Oui. Si votre découvert est chronique, les organismes prêteurs le prennent en compte dans le calcul de votre taux d’endettement. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le racheter peut être avantageux : en soldant le découvert, vous améliorez votre taux d’endettement apparent.
Peut-on intégrer un découvert non autorisé ?
Oui, c’est possible. Le découvert non autorisé est même prioritaire à racheter, car son coût est encore plus élevé (taux d’agios majoré + commissions d’intervention). L’organisme de rachat verse les fonds sur votre compte, ce qui régularise immédiatement la situation auprès de votre banque.
Que faire si mon découvert dépasse 5 000 euros ?
Un découvert de plus de 5 000 euros est un signal de détresse financière qui nécessite une action rapide. Le rachat de crédit peut constituer une solution adaptée si vos revenus le permettent. Au-delà de ce montant, il est d’autant plus urgent de consulter un courtier pour éviter de basculer vers le surendettement.
Puis-je garder un petit découvert autorisé après le rachat ?
Oui, et c’est même recommandé de conserver une petite autorisation de découvert (200 à 500 euros) comme filet de sécurité ponctuel. L’important est de ne plus en faire un mode de financement permanent. Après le rachat, votre objectif est de ne plus jamais avoir besoin de votre découvert au quotidien.
Sortez du découvert définitivement
Le découvert chronique n’est pas une fatalité. En l’intégrant dans un rachat de crédit, vous pouvez économiser significativement et retrouver un compte bancaire sain. Notre équipe de conseillers spécialisés analyse gratuitement votre situation et vous propose la solution la plus adaptée, sous réserve d’acceptation.
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